25 septembre 2026

Micro-entreprise ou régime réel : comment choisir

Illustration : deux graphiques comparés, micro-entreprise et régime réel
6 min

Vous lancez votre activité, ou elle commence à grandir, et la question revient : rester en micro-entreprise ou passer au régime réel ? Autour de vous, chacun a son avis. Les règles, elles, sont publiques, et plusieurs chiffres ont changé en 2026.

Voici ce qui distingue vraiment les deux régimes, avec des seuils vérifiés à la source, et une méthode simple pour savoir lequel vous convient. Les règles décrites sont celles qui s'appliquent en France.

La micro-entreprise : simple, mais plafonnée

Son grand avantage : vous n'avez pas de bénéfice à calculer. Votre impôt sur le revenu se calcule sur votre chiffre d'affaires, diminué d'un abattement forfaitaire censé couvrir vos frais. Ce ne sont donc jamais vos charges réelles qui sont déduites.

L'abattement dépend de votre activité :

  • 71 % pour une activité commerciale ou d'hébergement ;
  • 50 % pour les prestations de services commerciales et artisanales ;
  • 34 % pour les professions libérales.

Il ne peut pas être inférieur à 305 €.

En contrepartie, votre chiffre d'affaires hors taxes est plafonné. Vos revenus de 2026 relèvent de la micro-entreprise si votre chiffre d'affaires de 2024 ou celui de 2025 n'a pas dépassé :

  • 203 100 € pour une activité commerciale ou d'hébergement ;
  • 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales ;
  • 83 600 € pour la location de meublés de tourisme classés, et 15 000 € pour les meublés non classés.

Un dépassement isolé ne vous fait pas perdre le régime. Vous ne basculez au régime réel que si vous dépassez le plafond deux années de suite, et ce changement a lieu le 1er janvier de l'année qui suit la deuxième année de dépassement. Si vous démarrez en cours d'année, le plafond de cette première année se réduit au prorata de vos jours d'activité.

Ce que vous payez en micro-entreprise

Vos cotisations sociales sont un pourcentage fixe de votre chiffre d'affaires. Si votre chiffre d'affaires est nul, vous ne payez aucune cotisation. En 2026, les taux sont les suivants :

  • 12,3 % pour la vente de marchandises ;
  • 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales ;
  • 25,6 % pour les professions libérales non réglementées ;
  • 23,2 % pour les professions libérales réglementées qui relèvent de la Cipav, leur caisse de retraite ;
  • 6 % pour la location de meublés de tourisme classés.

Vous les déclarez à l'URSSAF chaque mois ou chaque trimestre, selon l'option choisie.

L'ACRE, l'aide à la création ou à la reprise d'une entreprise, allège ces cotisations au démarrage. Elle est réservée à certaines situations : par exemple si vous touchez l'allocation d'aide au retour à l'emploi ou le revenu de solidarité active, si vous avez entre 18 et 25 ans, ou si vous créez votre entreprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville. Pour une micro-entreprise créée depuis le 1er juillet 2026, elle réduit vos cotisations de 25 % : un prestataire de services paie alors 15,9 % au lieu de 21,2 %. Une micro-entreprise créée avant cette date garde une réduction de 50 %. L'aide court jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit votre début d'activité. Elle ne s'applique pas toute seule : la demande se fait dans les 60 jours qui suivent le début de votre activité.

Le versement libératoire vous permet de payer votre impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations, en pourcentage de votre chiffre d'affaires : 1 % pour le commerce, la restauration et l'hébergement, 1,7 % pour les autres activités commerciales et artisanales, dont les prestations de services, et 2,2 % pour les professions libérales. Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année reste sous un plafond : 29 579 € pour une personne seule, 59 158 € pour un couple. L'option se demande à l'URSSAF avant le 30 septembre pour l'année suivante, ou, l'année de la création, avant la fin du troisième mois qui suit celui de la création. Comparez-le avec l'impôt que vous paieriez au barème : selon votre foyer, l'un ou l'autre coûte moins.

La TVA, un seuil à part

On les confond souvent, pourtant le plafond de la micro-entreprise et le seuil de la TVA sont deux règles différentes. Vous pouvez rester en micro-entreprise et devoir facturer la TVA.

Avec la franchise en base de TVA, vous facturez hors taxes et vous n'avez aucune déclaration de TVA à faire. En contrepartie, vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats professionnels. Chaque facture porte la mention « TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts ».

Les seuils de 2026 :

  • activité commerciale et d'hébergement : 85 000 € de chiffre d'affaires sur l'année précédente, et un seuil majoré de 93 500 € sur l'année en cours ;
  • prestations de services et professions libérales : 37 500 €, et un seuil majoré de 41 250 €. Les avocats et les auteurs ont des seuils propres.

Si vous dépassez le premier seuil, la TVA s'applique au 1er janvier de l'année suivante. Si vous dépassez le seuil majoré, elle s'applique dès le premier jour du dépassement.

Vous avez peut-être entendu parler d'un seuil unique de 25 000 € : ce projet a été abandonné. Pour 2026, les seuils restent ceux-ci.

Le régime réel : vos vraies charges, vos vrais chiffres

Au régime réel, vous êtes imposé sur votre bénéfice réel : votre chiffre d'affaires, moins vos charges déductibles. Pour être déduite, une charge doit être engagée dans l'intérêt de votre entreprise, correspondre à une dépense effective et justifiée, et être rattachée à l'année au cours de laquelle elle a été engagée.

Les achats durables, comme un véhicule, une machine ou un ordinateur, ne se déduisent pas en une seule fois : leur coût s'étale sur leur durée probable d'utilisation. C'est l'amortissement.

Vos cotisations sociales changent aussi de base : elles se calculent sur vos revenus d'activité diminués de vos charges d'exploitation, et non plus sur votre chiffre d'affaires.

En échange, les obligations s'alourdissent : une déclaration annuelle de résultats, des tableaux comptables et des documents annexes. C'est souvent le moment de vous faire accompagner par un expert-comptable.

Le réel n'est pas réservé à ceux qui dépassent les plafonds : vous pouvez le choisir. L'option se fait par un écrit daté et signé, envoyé à votre service des impôts des entreprises, dans le délai de dépôt de la déclaration de résultats de l'année précédente.

Avec AngelStart, comparez sur vos propres chiffres

Plutôt que de raisonner sur des moyennes, AngelStart part de votre prévisionnel.

Dans Réglages, rubrique Mon entreprise, vous déclarez votre situation : pays, nature de votre activité, début d'activité, ACRE, rythme de déclaration à l'URSSAF, et les années où vous êtes en micro-entreprise, avec pour chacune la franchise de TVA. AngelStart vous prévient si votre chiffre d'affaires prévu dépasse le plafond de la micro-entreprise deux années de suite, et vous indique à partir de quel 1er janvier le régime serait perdu. Il vous prévient aussi si la forme juridique indiquée sur vos factures ne correspond pas à une micro-entreprise.

Dans votre business plan, l'écran Impôts met deux options en regard. D'un côté, l'impôt sur les sociétés de votre prévisionnel. De l'autre, l'impôt sur le revenu que vous paieriez en micro-entreprise pour ce même prévisionnel, année par année, avec l'abattement de chaque activité et le total sur cinq ans. L'année qui dépasse le plafond est signalée. L'écran dit aussi sur quoi reposent ses montants, par exemple quand votre prévisionnel démarre en cours d'année. Si une ligne vous échappe, Angel vous explique comment la lire. Les calculs, eux, sont faits par le moteur de l'application.

Dans le pilotage, un bloc « Vous êtes en micro-entreprise » s'affiche au-dessus de votre trésorerie et de votre compte de résultat : votre chiffre d'affaires encaissé, vos cotisations URSSAF au taux de votre activité (minoré par l'ACRE pendant sa période), payées le mois ou le trimestre suivant selon votre rythme de déclaration, et ce qu'il vous reste pour vivre avant impôt sur le revenu. Les mois où vous êtes en franchise de TVA, vos prévisions de trésorerie ne comptent ni TVA sur vos ventes, ni TVA à reverser.

Micro ou réel : ce que vous avez à faire, concrètement

La micro-entreprise vous convient plutôt si vous avez peu de charges, si vous voulez des démarches légères, ou si votre chiffre d'affaires de départ est incertain : sans chiffre d'affaires, pas de cotisations. Le réel vous convient plutôt si vos charges sont lourdes (achats, loyer, véhicule, matériel) ou si vous investissez beaucoup. En micro-entreprise, même une année difficile laisse un revenu imposable, puisque seul l'abattement est retiré de votre chiffre d'affaires.

Un exemple. Une prestataire de services encaisse 60 000 € dans l'année. En micro-entreprise, son impôt sur le revenu se calcule sur 30 000 €, soit son chiffre d'affaires moins l'abattement de 50 %. Si ses charges réelles atteignent 38 000 €, son bénéfice réel n'est que de 22 000 € : au réel, sa base imposable serait plus basse. Si ses charges restent autour de 10 000 €, c'est l'inverse. Pensez aussi aux cotisations, qui changent de base d'un régime à l'autre.

Votre marche à suivre :

  • estimez votre chiffre d'affaires et vos charges réelles de la première année ;
  • comparez vos charges au taux d'abattement de votre activité ;
  • vérifiez si vous avez droit à l'ACRE, et demandez-la dans les 60 jours ;
  • surveillez deux seuils distincts : le plafond de la micro-entreprise et celui de la franchise de TVA ;
  • faites valider votre choix par votre expert-comptable. Vous pouvez l'inviter gratuitement dans AngelStart.

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